Si vous avez l’impression qu’être parent est devenu plus difficile, vous ne l’imaginez pas.
À travers tout le Canada, un jeune sur cinq présente des signes de troubles mentaux et la plupart de ces problèmes émergent durant l’enfance et l’adolescence. Malheureusement, les systèmes mis en place pour les aider sont surchargés, laissant de nombreux parents démunis face à cette situation.
Au fil des dernières années, l’état mental des jeunes Canadiens s’est graduellement détérioré, avec une augmentation des niveaux d’anxiété et de troubles de l’humeur. En effet, les diagnostics de troubles anxieux chez les adolescents canadiens ont plus que doublé, ce que de nombreux parents ont pu observer directement dans leur foyer.
Ce qui est souvent négligé, c’est ce qui se passe en même temps : les parents ont eux-mêmes une charge de responsabilités accrue. Ils doivent gérer le travail, les soins, la pression financière et la charge invisible d’essayer de « bien faire » dans un monde où les conseils sont contradictoires. Les réseaux sociaux déversent un flot continu de conseils éducatifs, tout en renforçant subtilement l’idée que les autres parents réussissent mieux.

Il n’est pas étonnant que de nombreux parents se sentent dépassés. Et lorsqu’un enfant rencontre des difficultés, cette pression s’accroît.
La réalité peut être décourageante pour les familles qui cherchent de l’aide. Près d’un quart des hospitalisations pédiatriques sont maintenant causées par des problèmes de santé mentale. Les délais pour obtenir des soins peuvent s’étendre sur plusieurs mois, ce qui est particulièrement préoccupant pour les familles vivant en dehors des grandes villes.
Pour un enfant souffrant d’anxiété, de difficultés comportementales ou de détresse émotionnelle, chaque seconde compte. Chaque minute passée sans aide est un moment crucial perdu.
Au cours de cette période, les parents se retrouvent souvent démunis et doivent s’adapter en essayant diverses méthodes trouvées en ligne. Ils s’interrogent sur l’efficacité de leurs actions et ressentent un stress croissant, sans recevoir d’aide ni de réconfort. Malheureusement, les problèmes ont souvent déjà empiré avant que l’appui ne soit disponible.
Ce que souhaitent les parents, ce n’est pas la perfection, mais un soutien concret et immédiat qui s’adapte à leurs situations quotidiennes. Ils veulent savoir quoi faire dans l’instant présent et comment réagir lorsque leur enfant est dépassé. Ils veulent savoir si c’est normal et si cela va s’améliorer.
Des études récentes mettent en évidence l’efficacité des interventions précoces dirigées par les parents, qui fournissent aux aidants proches les ressources et la confiance nécessaires pour accompagner directement leur enfant. Lorsque les parents disposent de méthodes éprouvées, deux résultats positifs se produisent : les enfants bénéficient d’un soutien plus précoce, et les familles acquièrent des compétences qui persisteront bien au-delà d’une période de difficultés ou d’une crise.
Nous savons également que le lien familial compte. Les études montrent que les enfants qui participent régulièrement à des activités positives avec leurs parents présentent moins d’anxiété et de stress, et qu’ils sont plus satisfaits de leur vie en général.
Il ne s’agit pas d’abandonner les soins traditionnels, mais de s’assurer que les familles n’aient pas à attendre leur début. En fonction de l’évolution de leurs besoins, il est essentiel d’adapter la manière de leur fournir un soutien. Des modèles flexibles et abordables contribuent à combler l’écart en se rendant chez les familles là où elles se trouvent. Ils éliminent les obstacles, tels que les déplacements et le temps, et permettent au soutien de commencer au moment où il est le plus nécessaire.
Cette méthode met de l’avant une idée cruciale : les parents ne sont pas de simples observateurs dans le cheminement de la santé mentale de leur enfant, ils en font partie intégrante. Des organisations comme l’Institut des Familles solides ont conçu leurs programmes autour de cette conviction, en proposant un soutien structuré et fondé sur des preuves qui fournit aux familles des ressources utilisables quotidiennement.
S’il y a une chose que 2026 a mise en évidence, c’est bien celle-là : soutenir la santé mentale des enfants, c’est aussi soutenir les parents. Cela ne signifie pas imposer davantage de pression, de connaissances ou d’exigences, mais plutôt offrir des ressources concrètes, faciliter l’accès et garantir que les adultes ne sont pas seuls face à ces défis.
En effet, lorsque les familles bénéficient d’un soutien adéquat, les enfants ne font pas simplement face à la situation difficile : ils avancent avec confiance, et leurs parents aussi.